Trottoir

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Jonché de détritus, de vieux frigos baillants, de canapés éventrés, d'ordinateurs dénudés et de vieilles boiseries
fêlées, voilà ce qu'est ce triste trottoir. Il faut respirer, observer, dénicher.
 

Derniers Commentaires


Jeudi 22 juin 2006
par Nico publié dans : Classement intuitif
1) Thom York - Black Swan

Quand le chanteur de Radiohead se lance en solo, est-ce la fin de Radiohead ? Non, et absolument non. L'idée de l'album "The Eraser" est un retour à un minimalisme musical, hérité de Kid A et d'Amnesia. Les loops sont mécaniques, froids. On sent là une ode à l'homme écrasé.  Du Thom York danse le rock comme un plouc.

2) Indochine - L'aventurier


J'ai vu ses yeux de biche. J'ai eu un sourire malheureux, un brin triste, sincèrement désolé. Moi, je ne savais pas. Une chanson pour un rock endiablé, mais pour un non initié, pas mauvais danseur pourtant, dont le sang se rythme des battements du coeur, le rock est un mystère. Pourtant, certain(e)s se déchainent là dessus. Moi, j'observe, avec envie. Bientôt... N'est-ce pas ?

3) The
Divine Comedy - Woman of the World

Pour moi, l'exemple même du dandy, irlandais, narcissique et hautain (ne l'est-on pas quand on vire tous son groupe et qu'on dit "The Divine Comedy, c'est moi"). Neil Hannon lâche ici, sur un album baroque, sa magnique voix de crooner enrobé d'agréables notes de sucres et de guimauves. La chanson date un peu, mais ça swingue. Et le dernier album "Victory for the comic muse" vaut largement de s'y apesantir.

4) Nouvelle vague - Ever fall in love


De vieux titres punk ou new wave dépoussiérés et mis à la sauce bossa nova, saupoudrés de voix féminines coquines, sensuelles et joueuses qui minaudent. Ce n'est plus une surprise, mais une confirmation. Nouvelle vague démontre que finalement les reprises ont du bon surtout quand il s'agit d'en faire des petites perles. (le titre mentionné est une reprise des Buzzcocks)

5) The Chemical Brothers - Hey girl, hey boy


J'avais sauté comme un fou, partout, dans la boue, un vendredi soir, à Rock en Seine II, sous les lasers verdoyants, matant au passage un écran géant sur lequel gesticulent deux squelettes flamboyants

Hey Boy, Hey girl, Superstar DJ's, Here we go !
Et alors la pluie commeça à tomber. Et tout le monde continua à danser.

6) Archive - Sane

Il me restait un tête la magnifique et un brin mysogine Fuck U, hymne incroyable à la femme quand un homme la déteste. Histoire vécue ? J'en sais rien. Mais bon, là n'est pas le sujet. Archive, bande de 3 chérubins trip hoppers, revient. Et ? Il ne faut pas se limiter à une première écoute très fastidieuse, mais couler petit à petit dans une musique jamais agressive, très soft, très cool. Jusqu'à l'endormissement.

7) Crazy frog - We are the champions

Horrible ! Foutue coupe du monde (pas de majuscule pour cet événement mineur), qui creuse des chemins royaux au massacre en tout genre (déjà à la beauté du foot, n'est-ce pas chers Français ?). Certes, cette chanson de Queen n'est pas la plus géniale du groupe. Mais là ! là ! c'est désespérant ! Tout ça pour le marketing, pour vendre. A vomir.


8) Village People - YMCA


Prenons 5 gars en prépa : affublés-les ridiculement de préférence : un ouvrier, un policier, un motard, un indien et un cowboy. Une petite chorégraphie à faire pâlir Kamel Ouali. Vous voilà parfaitement ridicules. Mais qu'est-ce que c'est drôle. Ah ! Et un samedi soir pas si loin que ça, j'ai été ridicule. Vince aussi d'ailleurs.
De gauche à droite : Colas, Jérémi,
Marco, Arno et Mimi (je ne sais pas qui le dernier)

9) Johnny Cash - Personnal Jesus

Reprise énorme d'un énorme classique de Depeche Mode par le formidable Johnny Cash (qui a repris magnifiquement Hurt de Nine Inch Nails) avec cette voix rouillée, à faire pâlir Garou, par le whiskey et la clope (voir la dope). La chanson est touchante, à force de simplicité.

10) Euros Childs - First time I saw you

De la Galles (pays du Prince Charles), sortent Euros Childs (leader des très gallois Gorky's Zygotics),  un superbe album "Chops" et une chanson formidable minimaliste, sertie d'une basse fuzz traînante, d'un piano élégant et mélancolique et d'une voix de félin diaphane. Miam !!
(pour la chanson... quoique)


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Mardi 13 juin 2006
par Nico publié dans : Classement intuitif
Poum, poum, poumpoum !

Une idée farfelue comme ça...

Je vais vous imposer ma hit list de la semaine.

Il n'y aura pas que des nouveautés et il n'y aura pas que des trucs chouettes.

C'est parti, kiki...


1) Julie Pietri - Eve, lève-toi

Une horreur ? Absolument pas ! En fait, elle devient déplaisante au bout de la 10ème écoute d'affilée. Mais auparavant, on se marre bien. Spécial revival 80's. Certain(e)s aiment ça. J'appelerai pas cela du goût. Une régression plutôt.

2) The Raconteurs - Steady as she goes

Première chanson du premier album. J'en ai préalablement parlé (voir 1er article de ce blog). C'est clairement ma chanson du mois de juin, qui trottine constamment dans ma caboche.

3) Les Big Four

Amusement garanti : la chanson corporate. Honnêtement, je n'en connais que 3 dont une est clairement une parodie d'un individu ayant souffert de l'audit. Mais pour les 2 autres chansons (E&Y et KPMG), soyons sûr d'une chose : quelle conviction dans les valeurs défendues, dans les rêves véhiculés par la Firme ! Qui pour ne pas se sentir corporate après ça. Sans doute, moi.

4) Merzhin - Bandit

Découvert en concert jeudi dernier, au Nouveau Casino, je dois avouer que ce groupe est vachement bien et joue vachement fort. La seule chose qui m'a inquiétée, c'était les slams dans la salle, qui furent particulièrement violents. Mais sinon le mélange rock et sonorité bretonne est toujours aussi agréable à écouter.

5) Sonic Youth - Reena

Je tombe systématiquement amoureux des chansons d'ouverture. Sonic Youth, déjà, c'est mytique, parce que c'est quinquagénaire et que cela a toujours autant la pêche.Tellement la pêche, que moi, ça me donne la frite.

6) Bruce Springsteen - Jesse James

Malheur à moi, je ne suis pas fan de Springsteen. Malheur à moi, je ne suis pas fan de country. Malheur à moi, voilà que me plaît le dernier chanté et joué par le premier. Très bon album, musicalement intéressant. Ah Bruce ! Merci de m'avoir surpris.

7) Le chant des supporters (se tairont-ils ?)

Coupe du Monde, nous y voilà. Pendant un mois, l'humanité va se raccrocher à 736 zouaves (fort heureusement, ils ne joueront pas tous) qui voudront remporter une coupe en Or. Et qui pour regarder tout ça ? La plus grande fraternité au monde, des gens qui rêvent, des paillettes dans les yeux. Mais s'il vous plait, évitons les Allemagne-Pays-Bas, Angleterre-Allemagne, et les Serbie-Croatie. Ah aussi, éteignez votre télé, il fait beau.

8) Grand Corps Malade

Vu la 1ère fois slammer (ai-je juste) au spectacle d'Edouard Baer (la folle et véritable vie de Luigi Prizotti), j'avais adoré sa voix assez mécanique et ses rimes magnifiques. Alors maintenant j'écoute, parce que ce garçon a du talent. Même si c'est tendance hip-hop, rap, je sais pas quoi. Il est blues.

9) Miss Kittin - Motherfucking bass

C'est juste que vendredi dernier, après une assez tranquille journée de travail, ça m'a clairement donné la patate. C'est pas la plus élégante des musiques (de l'électro bien grasse), mais disons qu'en défonçant les tympans, ça adrénalise.

10) Les Têtes Raides - Fragile


Le clip est splendide, mais a été censuré car trop cru. Donc interdit de diffusion sur les médias français télévisuels. Honnêtement, c'est encore un illogisme à la Française. La chanson est belle, parle de la naissance, de la difficulté de naître, d'ouvrir les yeux et de voir le monde.





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Mercredi 7 juin 2006
par Nico publié dans : Sollicitations sonores

The Raconteurs, supergroupe de rock de Detroit, sort un 1er album "Broken Boys Soldier". Pourquoi supergroupe ? C'est bien ? Detroit a un autre savoir-faire que l'automobile ? Devant tant de questions, comment hésiter à répondre.

 

The Wall (of Dublin)

 

J'ai appris l’existence de ce groupe sur un mur de Dublin. Je me baladais alors dans les rues de la capitale irlandaise.  Une chose formidable dans cette ville effervescente sur une île perdue, ce sont les notes de musique qui s’échappent des pubs ou de la rue, volent entre les immeubles géorgiens, ricochant et pénétrant fatalement dans les oreilles de tous.

 

Moi, me promenant, je me fascinais pour des murs, m’enrichissant de références que je ne connaissais pas, pas encore du moins. Les affiches défilées, je me demandais quelle note ça pouvait donner, tel groupe ou tel autre groupe.

 

Puis cette affiche…

 

Bon, c'est pas la plus ravissante des affiches.

Mais la gueule défoncée des quatre membres du groupe, cela me plut.

Je gardais ça dans un creux de mon crâne, logé entre ma soif de Guinness et mon besoin de me reposer un poil après cette longue déambulation dans les rues de Dublin.

Mais la question me taraudait : Qui sont les Raconteurs ?

What's the fuck ? It's Jack White's new band !


J'eus une réponse par un collègue irlandais de beuverie d'un soir, nos langues trempant dans la Guinness étant suffisamment déliées pour nous échanger nos graveleuses références culturelles. Nous parlâmes donc essentiellement musique.

Tomba sur le champs de nos loghorrées alors ma rencontre fortuite avec cette affiche. Dans un anglais hésitant, je lui balançais ma découverte murale.

Il m'engueula copieusement. (D'où la phrase me servant de saut de paragraphe, que je me permets de traduire en langue moliérisante : "c'est quoi ce putain de bordel ? Tu connais pas le nouveau groupe de Jack White !).

Ben non, Brian, je ne savais pas que pour Jack White, en dehors de ses bandes blanches, il y avait un salut.

Moi personnellement, je restais agglutiner sur le rock 50's bicéphale fourni par le couple le plus mystérieux de Detroit : Jack & Meg White. J'adore ces deux-là, un pour la musique, deux pour l'énigmatique relation qui les unit.

Jack & Meg White : étaient-ils frère et soeur, amants, ex-mariés, divorcés ?

La musique ensuite : un truc simple, tout con, une batterie et une guitare (agrémentés il est vrai de parties de vox jouées par Jack W.), un truc qui jaillit des trippes qui vient faire mouche, parce que c'est bluesy, gras, salace, sensuel et généreusement sexy, carrément tourmenté. J'adore.

Mais je m'écarte... un nouveau groupe avec Jack White. Qu'est-ce donc ?

Raconteur : p ersonne qui raconte, ou qui a plaisir à raconter


The Raconteurs, ce sont de gauche à droite : Jack Lawrence (basse), Brendan Banson (guitare, chants, piano), Jack White (guitare, chants, piano), Patrick Keeler (batterie).

Que du beau monde, waouhhhh (bon les néophytes, et j'en connais quelques uns, diront :"bah ! connais pas, ces gens". Ils se reconnaitront).

Petites histoires personnelles de chacun : Jack White est le co-fondateur des Whites Stripes donc, duo qui a remis en scène le blues gras et mélancolique. Brendan Benson est un songwriter très (trop) méconnu en France, qui a sorti un formidable album "The Alternative to Love". Jack Lawrence et Patrick Keeler viennent eux de The Greenhornes, un trio de Cincinnati (Ohio), groupe qui revisite avec une élégance certaine le rock des 50's et des 60's.

Qu'est-ce qui réunit ces quatre-là ? Jack White et Brendan Benson sont potes depuis un moment. Les deux gars de Greenhornes ont été produits par Benson. Ce qui créé forcément des affinités. Je précise enfin que les 4 sont liés au même label : V2 records.

Mais comment sont nés The Raconteurs ? Selon ce que j'ai pu lire sur le web, mélodies et paroles sont le fruit d'une collaboration entre White et Benson, lesquels enfermés dans la maison de Benson se mirent à composer, tantôt épaule contre épaule, tantôt chacun de leur côté.

"We each went into separate rooms. He wrote a section, and I wrote a section. We didn't talk about it, we just did it, and it work out beautiful." BRENDAN BENSON.

 

Mais pourquoi The Raconteurs ? Encore une fois, laissons parler Brendan Benson.


Jack is an endlesse source of great
stuffs. He'll spring something on you and you will be like 'How the fuck did you come up with that ?'

Grosso modo, vous n'êtes pas plus avancé que moi pour trouver une explication au nom du groupe. Mais honnêtement, je m'en tape. Place à la galette. Parce que c'est bien jolie de porter un nom français de conteurs, mais de quoi cela va nous parler.


Fais tourner la galette

Dès le premier morceau du disque Steady as she goes, on touche du doigt clairement le tube FM de l'album. Une alchimie simple, mainte fois éprouvée mais terriblement efficace : une entrée batterie des plus basique, la basse qui gronde des notes nonchalentes et sautillantes, une guitare merveilleuse simple, joliement sale et boueuse. Perso, je vois un petit garnement qui se balade dans une rue quelconque rue dans cet intro. Va savoir pourquoi ! Les voix de Benson et de White se mélangent déjà, dans une totalité totalement opposée, douce et mélodieuse pour Benson, bluesy et hocqueteuse pour White. Le tout ensorcelle facilement, se sifflote aisément sous la douche.
Sur Hands, c'est Led Zeppelin' qui ressort, dans ce blues plus violent, plus rock, mélodiquement festif et nonchalent. S'ensuit la plus militaire, plus désespérée Broken Boy Soldier, toujours dans une veine furieuse, très marquée par Led Zeppelin (pour moi, une petite comparaison avec Immigrant Song). Intimate Secretary s'exécute dans un mélange comparable aux 3 premières chansons, dans une veine très rock, très endiablé, mais un endiablement toujours cool, tranquille, assez irritant, mais plaisant. Together ressemble aux plus belles balades des Beatles, une berceuse touchante, admirablement chantée. C'est un slow, une déclaration à faire à l'être que l'on aime, et c'est là dessus que je rêve un petit peu.
Level reprend sur des sonorités plus psychédiliques, mais le blues réapparaît forcément, toujours fidèle à la voix de White, très accroché avec en toile sonore un clavier répétitif et bourratif. Les deux voix s'alternent magnifiquement, dans des répliques simples et qui font mouches. Store bought bones s'emporte encore un peu plus, mais toujours avec une certaine nonchalence agaçante qui traverse l'album de part en part.
Yellow sun est très flower, avec un côté folk qui romp avec le blues omniprésent. Call it a day adoucit les tympans, généreusement et agréablement. L'album s'achève sur un juteux Blue veins, apôtre magnifique du Blues, qui me rappelle irrémédiablement Since I've Been Lovin' you de (encore) Led Zeppelin


Une rythmique irréprochable, simple et agréable qui tient le tout. Deux songwriters de génie qui se sont accouplés magnifiquement pour donner naissance à une petite perle, improbable. Non, y a pas dire, Jack White doit avoir une sorte de talent à la Midas : ça touche, ça devient de l'or. Quant à Benson, c'est tout simplement poétique.
 

 


Play List

Broken Boy Soldiers

  1. Steady as she goes
  2. Hands
  3. Broken boy soldier
  4. Intimate Secretary
  5. Together
  6. Level
  7. Store bought bones
  8. Yellow sun
  9. Call it a day
  10. Blue veins
Site Web Officiel :
theraconteurs.com

Les sites des autres groupes :
www.greenhornes.com
www.whitestripes.com
www.brendanbenson.com

Tabs :
Pas grand chose à se mettre sous la dent pour l'instant. Les deux sites qui ressortent le plus souvent en référence ne sont pas à mon goût (trop fouilli, souvent foireux), mais ont l'avantage de fournir quelques partoches, pour s'égosiller en toute liberté.
www.ultimate-guitar.com/tabs/the_raconteurs_tabs.htm
www.911tabs.com/tabs/t/the_raconteurs/

Critiques rock :
www.rocknfolk.com/site/disquedumois.php

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