Lundi 4 février 2008
La ville se morcelle. Laide, elle cherche une rédemption dans l'architecture nouvelle. Une métamorphose, une
mue. L'oeuvre risque malheureusement d'être ratée. Ces immeubles nouveaux sont des édifices sans charme, sans poésie, sans animation philosophique. Blocs bruts sans idée, sans sophistication. Ce
ne sont plus, ce ne sont pas des oeuvres d'art monumentales.
Le
charme d'une ville, à mon sens, tient à son tracé (espace) et à la co-existence de bâtiments disparates mais cohérents. Le charme d'une ville tiendra ensuite à la beauté équivoque des sentiments
qu'il nous fera naître en nos coeurs.Il y a cet hôpital, quand j'arrive à Clichy, dont les formes se découpent à l'horizon telle une monstruosité, un bloc de couleur ocre et brique, massif, dont l'inspiration semble être stalinienne.
L'hôpital Beaujon. Certains diront que c'est une ignoble griffure dans un paysage urbain pas fameux. Il choque ce bloc, car justement il ne ressemble en rien avec ce qu'on entend d'un hôpital parisien, dont la structure est très pavillonaire.
Compilation de 3 blocs, il ressemble à un immense abattoir. Ce qui est assez peu rassurant pour un hôpital. Il dégage une forme nossive : il demeure toujours lourdement silencieux, taiseux, morbide. Des vapeurs s'en échappent, mélange des âmes qui rendent là leurs derniers soupirs et des bactéries qui s'oxyrent.
Affreux hôpital qui me fascine. Construit de 1930 à 1935 sous la direction de l'architecture Jean Walter. Sa philosophie de cet homme était de prôner
l'industrialisation du bâtiment et la rationalisation de la conduite des chantiers.Elle fut parfaitement appliquée à l'architecture hospitalière. L'hôpital Beaujon est ainsi le premier hôpital en hauteur sur le modèle américain, encore appelé "hôpital bloc". C'est sans doute pour cela qu'il effraie les gens, son allure austère et fonctionnelle déplaît.
Moi, j'adore.