Jeudi 4 octobre 2007
Joy Division.

Je n'étais pas né qu'un groupe mourrait. Plus exactement, le 13 mai 1980, Ian Curtis, poète rimblaudien, épileptique, malade d'amour, se pendait à son domicile, utilisant la corde de l'étendeur à linges. 2 albums, un son qui allait marquer, métallique, dépressif, simple et percutant : une batterie névrosée,  spartiate, extremiste, une basse hargneuse, totalement flippée, une guitare envoutante et paranoiaque. Le chant. Comment dire ? Absolument morbide.

Il y a peu de morceaux de Joy Division, mais tout est beau, dépressif, borderline. Il suffit de voir Ian Curtis sur scène, mimant son épilepsie, sauvage, mécanique, électrique.

Le film d'Anton Corbjin n'est pas un simple biopic sur Joy Division. C'est l'histoire d'un type qui commet une erreur, qui se trompe dans sa vie, se retrouve confronté à des choix. Cependant, ces choix sont impossibles, et conduisent irrémédiablement à la mort. Là haut, dans le nord de l'Angleterre, dans ses cités farineuses et obliques, il n'y a plus d'espoir que la mort.

Alors de Joy DIvision, que doit-on retenir ? "She's lost control", "Isolation", "Transmission", "Love will tear us apart", "Atrocity Exhibition"...

Alors il y a tout ça. Et plus encore. Dans Control, lorsqu'Annick, la journaliste belge demande à Ian quelle est sa couleur pré
férée, ce dernier répond le bleu, de ManCity. Je ne sais pas si cette phrase a un sens quelconque. Personnellement, j'intéprète cela comme un signe de dépression. C'est idiot.

 

(ce n'est pas Joy DIvision, pourtant ici)
par Nico publié dans : Sollicitations sonores
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Jeudi 15 mars 2007
Formidable revue qui sent bon le beau papier. (Merci Ced').



par Nico publié dans : Sollicitations sonores
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Mercredi 7 juin 2006

The Raconteurs, supergroupe de rock de Detroit, sort un 1er album "Broken Boys Soldier". Pourquoi supergroupe ? C'est bien ? Detroit a un autre savoir-faire que l'automobile ? Devant tant de questions, comment hésiter à répondre.

 

The Wall (of Dublin)

 

J'ai appris l’existence de ce groupe sur un mur de Dublin. Je me baladais alors dans les rues de la capitale irlandaise.  Une chose formidable dans cette ville effervescente sur une île perdue, ce sont les notes de musique qui s’échappent des pubs ou de la rue, volent entre les immeubles géorgiens, ricochant et pénétrant fatalement dans les oreilles de tous.

 

Moi, me promenant, je me fascinais pour des murs, m’enrichissant de références que je ne connaissais pas, pas encore du moins. Les affiches défilées, je me demandais quelle note ça pouvait donner, tel groupe ou tel autre groupe.

 

Puis cette affiche…

 

Bon, c'est pas la plus ravissante des affiches.

Mais la gueule défoncée des quatre membres du groupe, cela me plut.

Je gardais ça dans un creux de mon crâne, logé entre ma soif de Guinness et mon besoin de me reposer un poil après cette longue déambulation dans les rues de Dublin.

Mais la question me taraudait : Qui sont les Raconteurs ?

What's the fuck ? It's Jack White's new band !


J'eus une réponse par un collègue irlandais de beuverie d'un soir, nos langues trempant dans la Guinness étant suffisamment déliées pour nous échanger nos graveleuses références culturelles. Nous parlâmes donc essentiellement musique.

Tomba sur le champs de nos loghorrées alors ma rencontre fortuite avec cette affiche. Dans un anglais hésitant, je lui balançais ma découverte murale.

Il m'engueula copieusement. (D'où la phrase me servant de saut de paragraphe, que je me permets de traduire en langue moliérisante : "c'est quoi ce putain de bordel ? Tu connais pas le nouveau groupe de Jack White !).

Ben non, Brian, je ne savais pas que pour Jack White, en dehors de ses bandes blanches, il y avait un salut.

Moi personnellement, je restais agglutiner sur le rock 50's bicéphale fourni par le couple le plus mystérieux de Detroit : Jack & Meg White. J'adore ces deux-là, un pour la musique, deux pour l'énigmatique relation qui les unit.

Jack & Meg White : étaient-ils frère et soeur, amants, ex-mariés, divorcés ?

La musique ensuite : un truc simple, tout con, une batterie et une guitare (agrémentés il est vrai de parties de vox jouées par Jack W.), un truc qui jaillit des trippes qui vient faire mouche, parce que c'est bluesy, gras, salace, sensuel et généreusement sexy, carrément tourmenté. J'adore.

Mais je m'écarte... un nouveau groupe avec Jack White. Qu'est-ce donc ?

Raconteur : p ersonne qui raconte, ou qui a plaisir à raconter


The Raconteurs, ce sont de gauche à droite : Jack Lawrence (basse), Brendan Banson (guitare, chants, piano), Jack White (guitare, chants, piano), Patrick Keeler (batterie).

Que du beau monde, waouhhhh (bon les néophytes, et j'en connais quelques uns, diront :"bah ! connais pas, ces gens". Ils se reconnaitront).

Petites histoires personnelles de chacun : Jack White est le co-fondateur des Whites Stripes donc, duo qui a remis en scène le blues gras et mélancolique. Brendan Benson est un songwriter très (trop) méconnu en France, qui a sorti un formidable album "The Alternative to Love". Jack Lawrence et Patrick Keeler viennent eux de The Greenhornes, un trio de Cincinnati (Ohio), groupe qui revisite avec une élégance certaine le rock des 50's et des 60's.

Qu'est-ce qui réunit ces quatre-là ? Jack White et Brendan Benson sont potes depuis un moment. Les deux gars de Greenhornes ont été produits par Benson. Ce qui créé forcément des affinités. Je précise enfin que les 4 sont liés au même label : V2 records.

Mais comment sont nés The Raconteurs ? Selon ce que j'ai pu lire sur le web, mélodies et paroles sont le fruit d'une collaboration entre White et Benson, lesquels enfermés dans la maison de Benson se mirent à composer, tantôt épaule contre épaule, tantôt chacun de leur côté.

"We each went into separate rooms. He wrote a section, and I wrote a section. We didn't talk about it, we just did it, and it work out beautiful." BRENDAN BENSON.

 

Mais pourquoi The Raconteurs ? Encore une fois, laissons parler Brendan Benson.


Jack is an endlesse source of great
stuffs. He'll spring something on you and you will be like 'How the fuck did you come up with that ?'

Grosso modo, vous n'êtes pas plus avancé que moi pour trouver une explication au nom du groupe. Mais honnêtement, je m'en tape. Place à la galette. Parce que c'est bien jolie de porter un nom français de conteurs, mais de quoi cela va nous parler.


Fais tourner la galette

Dès le premier morceau du disque Steady as she goes, on touche du doigt clairement le tube FM de l'album. Une alchimie simple, mainte fois éprouvée mais terriblement efficace : une entrée batterie des plus basique, la basse qui gronde des notes nonchalentes et sautillantes, une guitare merveilleuse simple, joliement sale et boueuse. Perso, je vois un petit garnement qui se balade dans une rue quelconque rue dans cet intro. Va savoir pourquoi ! Les voix de Benson et de White se mélangent déjà, dans une totalité totalement opposée, douce et mélodieuse pour Benson, bluesy et hocqueteuse pour White. Le tout ensorcelle facilement, se sifflote aisément sous la douche.
Sur Hands, c'est Led Zeppelin' qui ressort, dans ce blues plus violent, plus rock, mélodiquement festif et nonchalent. S'ensuit la plus militaire, plus désespérée Broken Boy Soldier, toujours dans une veine furieuse, très marquée par Led Zeppelin (pour moi, une petite comparaison avec Immigrant Song). Intimate Secretary s'exécute dans un mélange comparable aux 3 premières chansons, dans une veine très rock, très endiablé, mais un endiablement toujours cool, tranquille, assez irritant, mais plaisant. Together ressemble aux plus belles balades des Beatles, une berceuse touchante, admirablement chantée. C'est un slow, une déclaration à faire à l'être que l'on aime, et c'est là dessus que je rêve un petit peu.
Level reprend sur des sonorités plus psychédiliques, mais le blues réapparaît forcément, toujours fidèle à la voix de White, très accroché avec en toile sonore un clavier répétitif et bourratif. Les deux voix s'alternent magnifiquement, dans des répliques simples et qui font mouches. Store bought bones s'emporte encore un peu plus, mais toujours avec une certaine nonchalence agaçante qui traverse l'album de part en part.
Yellow sun est très flower, avec un côté folk qui romp avec le blues omniprésent. Call it a day adoucit les tympans, généreusement et agréablement. L'album s'achève sur un juteux Blue veins, apôtre magnifique du Blues, qui me rappelle irrémédiablement Since I've Been Lovin' you de (encore) Led Zeppelin


Une rythmique irréprochable, simple et agréable qui tient le tout. Deux songwriters de génie qui se sont accouplés magnifiquement pour donner naissance à une petite perle, improbable. Non, y a pas dire, Jack White doit avoir une sorte de talent à la Midas : ça touche, ça devient de l'or. Quant à Benson, c'est tout simplement poétique.
 

 


Play List

Broken Boy Soldiers

  1. Steady as she goes
  2. Hands
  3. Broken boy soldier
  4. Intimate Secretary
  5. Together
  6. Level
  7. Store bought bones
  8. Yellow sun
  9. Call it a day
  10. Blue veins
Site Web Officiel :
theraconteurs.com

Les sites des autres groupes :
www.greenhornes.com
www.whitestripes.com
www.brendanbenson.com

Tabs :
Pas grand chose à se mettre sous la dent pour l'instant. Les deux sites qui ressortent le plus souvent en référence ne sont pas à mon goût (trop fouilli, souvent foireux), mais ont l'avantage de fournir quelques partoches, pour s'égosiller en toute liberté.
www.ultimate-guitar.com/tabs/the_raconteurs_tabs.htm
www.911tabs.com/tabs/t/the_raconteurs/

Critiques rock :
www.rocknfolk.com/site/disquedumois.php
par Nico publié dans : Sollicitations sonores
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