Vendredi 8 juin 2007
C'est une fin.

Plutôt. C'est l'histoire d'une fin.

En fin de compte, je crois qu'il s'agit d'une chose qui n'a jamais commencé, qui était en état de procréation avancée, mais qui s'en fut allée très vite. Il y eut avortement. Les douze semaines dépassées. Car finalement, toute la portée artistique de la chose en question ne fut pas évidente. Elle fut même stérile, les sujets traités dignes du pire vaudeville. En un mot, de la merde.

Ce blog ferme donc. Il n'avait aucun intérêt, ni dans son nom, ni dans ses billets. Ce n'était pas une période pour écrire. On sacrifie alors. Il restera à végêter comme des millions de pages esseulés, sans lecteur. Je pollue le web quelque part.

Je ne ferais décidément jamais attention à la nature. Quel être méprisable je fais.

Adios.
par Nico publié dans : Classement intuitif
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Jeudi 29 mars 2007
Ça tambourine rude dans les canaux de mes tympans. Mon coeur se la joue chamade, comme dans un homme et une femme, de Lelouch. D'ailleurs c'est louche tout ça. Je ne devrais pas avoir peur de ce que je fais. Ce n’est pas de la peur, non. De l'appréhension, non plus. De l'effroi, non, non, non. Un truc louche, vraiment, qui me turlupine, qui me met en vrac. J'ai besoin d'un verre. L'allée est trop jonchée d'obstacles humains bizarrement habillés, deux files de visages mi souriants, mi-larmoyants. Pourquoi ? Ces rires ? Ces pleurs ? Je ne comprends pas.
Je me rappelle.
First time I saw you (Euros Child)

Tiens, d'ailleurs, c'était quand ? Il y a de ça quasiment un an. C'est fou comme le temps passe vite. C'est fou comme les choses me sont encore palpables, ici chiffonnées sur mon coeur, entre une aorte et un battement. Je me rappelle. Je joue les Québécois. Mais je me rappelle bien. Un bus trygrammique, le 1, le 7 et le 4. Ce fut mon tiercé du jour. Un beau visage, que d’abord, je crus ne jamais revoir. Le 1, parce que quelque part un rêve d’union. Le 7 me porte chance forcément. Le 4, parce que… parce que… nous faisions partis alors de 2 des 4 Big Fours, ces structures ammoniaquées si étranges, si pyramidales. La première fois que je t’ai vu, ce fut croisement de regards, curiosité non dissimulée, lecture de merde pour ma part (Le Bouddha Blanc), frôlements tout à fait fictifs mais tellement réels, sourires totalement dissimulés. Grosso modo, une belle parade de paon. Remarque, si je considère ma masculinité, rien de très particulier. Je te fis la cour en paradant obliquement, horizontalement et verticalement. Par contre, la palme de la persévérance, ce fut toi. Moi, une fois du bus descendu, j’avais fait une croix, tristement, parce que louper le coup de foudre une première fois, il ne vient pas deux fois à la charge. Et pourtant, je te vis une seconde qui se transforma deuxième, troisième et quatrième. La cinquième fois fut la bonne, quelques mots, pas mal de mails. Une folie amoureuse, somme toute agréable. La sixième, nous tentâmes le baiser. Depuis nous n’avons plus décollés nos lèvres.
Au pays des fleurs de la transe (Pierre Lapointe)

Il ne faut pas croire que ce fut tout le temps l’amour parfait, ensoleillé. Il neigea, grêla, venta, plut, tempêta, mistrala, tramontagna, zephira, nuagea, bleua, arc-en-ciela. Dans notre vaste champs de pétunias et d’orties, nous décidâmes de faire place à des roses, des tulipes, des plantes bouquetisées, histoire d’orner un peu ça plus joliment.  Ce qui fut dommage, c’est que nous nous voyions de nos fenêtres, chacun à son balcon, de trop loin. Le contact de nos lèvres se brisait, nous laissant à la contemplation de ce pré carré, pré catelan, ce carré des feuillants, nous laissant aux saveurs de flora, sans autre alliance que le plaisir de nos parfums, de nos mots, de nos conneries, de nos mines réjouies d’enfants benêts, de nos cadeaux à tout va. Moi, il y avait un truc chez toi qui ne me plaisait pas, tout en me plaisant : un matou, mi-ours, mi-pacha, un brin grognon, mais si tendre et doux. Mais bon ce n’est pas un misérable chat qui viendra à bout de notre amour. Nous en fîmes des nems. Car quitte à vivre avec lui, autant qu’il soit au fond de nos cœurs. Mais fallait voir sa tête pleine d’oeils, ses longues moustaches à la Dali, son air mais-je-vous-aime-moi. Alors, c’est de moi que je fis un nem. Je combattis, lutta, et v’là qu’on se retrouve à vivre ensemble, dans la maison, au même étage, à partager le même lit. Boua, si c’était une autre, j’aurais dit que c’est déguelasse. Mais vu que c’est toi… J’adore.
Everlasting love (Jamie Cullum)

Alors voilà. Je marche parmi cette haie d’honneur. Je flippe un peu mais c’est une bonne peur. Il n’y a personne. Je me retourne, patiente, tapote du pied. Je me retourne. Je vois une minuscule Ecossaise jouant de la cornemuse. Elle tape violemment du pied, rythmant ce drôle d’air. Je me gratte le sommet de crâne qui me reste à la recherche de « où j’ai entendu ça ». Je me sers un whiskey et m’offre un Monte Christo. M. Dumas fils vient me prendre par l’épaule et me colle une bise. Sympa, ce Dumas fils. Je réfléchis toujours autant à cet air. Je n’avais pas remarqué les poils aux gambettes de l’Ecossaise vaporeuse et bourrine. Normal, c’est pas des poils, c’est un suricate. Qui danse aussi. Je m’étourdis le cerveau, happe une longue taffe de mon p’tit cigare, repose mon verre sur l’autel. Et là. Un an plus tard. Sous mes yeux. Elle. Ma princesse, mon ange. Je l’aime trop. Pour la vie. Elle me fait transpirer des yeux, me donne la tremblotte. Je lui lance :

« si vous êtes venus ici pour que je vous épouse, c’est oui
- ça tombe bien. Je comptais que cela dure pour l’éternité. »
par Nico publié dans : Classement intuitif
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Jeudi 15 mars 2007
Je rentrais de Montparnasse ce soir, en métro, un classique 13 - 3. Promesse idiote que je me suis faite, écouter un cd en entier, le digérer. Et ce soir ça tombe sur les Plastiscines. Et puis, j'ai écouté. Mille pensées sont passées par ma caboche. La plus belle : dire du mal sans un seul adjectif négatif sur cette drôle de soupe, euh musique, qui se déversa dans mes oreilles pendant une grosse demi-heure.
Et que dire... les 4 filles de Saint-Cyr-L'Ecole (certains me reprendront mais bon, je vais vite en besogne, comprenez) - en parlant de Saint-Cyr-L'Ecole, j'ai vu le début du film avec Isabelle Huppert, sur la Maison royale de Saint Louis créée par Madame de Maintenon, ça avait l'air pénible - jouent d'instruments aussi incongrus qu'une guitare, une batterie ou encore une basse. Mais là où c'est fort, c'est que c'est simple : tout au plus 2 accords impitoyables plaqués sur une rythmique apathique mais efficace. Alors forcément on pense à plein de références musicales... qui ne viennent pas directement en tête, mais qui ne sont pas loin derrière.

On écoute looser comme si on écoutait (Zazie fait de la) bicyclette ou encore Lost in translation. A toute vitesse, sans reprendre sa respiration, en regardant son IPod pour voir si on va pas changer de plage. N'empêche, moi à 17 ans, dans mon groupe de punk, j'avais l'impression d'atteindre une texture musicale différente, plus évoluée. Là, j'ai l'impression d'être en pleine régression. Alors oui, je joue l'aigri. J'aurais voulu être un artiste. Alors tout à leur honneur, je respecte leur glorification éphémère. Mais, j'ai vraiment trouvé ce LP1 très mauvais. Allez Tracks commence (y a The Fratellis).
par Nico publié dans : Classement intuitif
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Jeudi 29 juin 2006

1) La Marseillaise

A la date à laquelle j'écris (1er juillet 2006), la France est euphorique. Chirac et Villepin gagnent 10 points de popularité, la voie vers 2007 est dorée. La France qui gagne est de retour. Oui ! La France a vaincu les virtuoses trop déroutés brésiliens. La France qui gagne, black-blanc-beur. Mais pour moi, tout cela est d'un pathétique. Ce football est obscène, dégradant, mensonger, illusoire, vénal et individualiste. Il n'empêche que je l'aime. Mais j'en vomis. La Vox Populis voue un culte immérité à des milliardaires qui trompent leurs mondes, en étant généraux. Ô Tristesse, tu me blesses.

2) Pearl Jam - World Wide Suicide

Pearl Jam c'est un bourbon de 15 ans d'âge, à déguster dans un boudoir, accompagné de Saint-Ange ou d'une Eugénie quelconque (Dolmancé fera l'affaire d'autres ou d'aucun), sous les velours de cigares dressés, qui laisse dans le palais un goût âpre et prononcé sous un parfum saturé, musclé et rocailleux, d'une mise en bouche épicée et virevoltante. Que dire de ce nouvel opus ? A consommer sans modération, comme tant de choses.


3) Royskopp - Epple

Bergen est la 2ème ville du Royaume de Norvège (4 millions d'habitants au passage, généralement blonds). Bergen est la ville la plus noyée des flots du Ciel (280 jours de pluie par an, pire que la Bretagne, et Dieu sait que cette région se noie). Bergen est un vivier culturel étonnant et foisonnant : parmi les plus connus, King of Convenience, Annie et Royskopp. Bidouilleurs électroniques, adulés pour leurs sonorités ensoleillées et pop, ce titre a par ailleurs servi d'illustration mélodique à une pub (un bisou pour celui ou celle qui me la trouve, cette pub).

4) The Beach Boys - I get around

En fait, je ne l'ai pas vraiment écouté. Mais abruti par une soirée beacboysienne, j'en suis sorti transformé : autobronzant dégoullinant de mon corps adonique, short s'arrêtant au-dessus de mes genoux, tong au pied gauche, penny loafer au pied droit sans chaussette, polo manches courtes rose à fleurs épanouies blanches, rasé, coiffé, manucuré, déconstipé, pull sur les épaules. Ah ! Dieu ! Que m'arrive-t-il ? Cette ville, ces pavés, ces bâtiments branlants, titubants, ces lieux uniques ! J'entends même une Cigale. Choppons la planche, avant que la Wave se taille en rade.

5) Dirty Pretty Things - Bang Bang You're Dead

Des Libertines, il ne reste plus rien. A la place ont jailli les Babyshambles, de l’instable Pete Doherty, icône rock au talent négligeable, mais à la valeur mercantile qui l’intronise en tant que nouveau Sid Vicious et les Dirty Pretty Things du méconnu Carl Barat. Tandis que le premier cité s’enfonce dans une mélancolie mélodieuse très folk, le second a insufflé le côté punk des Libertines, avec un rock brut, guitares cinglantes, rythme syncopé, voix braillé, qui fait sauter dans tous les coins, comme un fou. Alors, faut-il choisir entre les Babyshambles et les Dirty Pretty Things ? Mouais, si on restait sur les Libertines.

6) Grandaddy - Elevate myself

Généralement considéré comme l’équivalent US de Radiohead (à tord à mon avis), les Barbus de Sacramento (CA), bucherons sympathiques, skateboarders émérites, sont de très bons muiscos, alliant finesse mélodique touchante. Sur Elevate Myself, la basse simplifie le rythme et soutient une voix douce avec charme sur des aigues pianotés ou guitarés torturés et tortueux. S’il est possible de ne pas aimer, il faut au moins écouter.

7) Grizzly Bears - La Duchess Anne

Double album dont un cd de remix (non écouté pour l’instant) par des artistes qui me sont inconnus. Que dire ? Cette musique est dangereuse, dans la mesure où elle est très lente, très lymphatique, voire démoralisante. A la première écoute, guilleret que j’étais, je me suis finalement trouvé anéanti, miné, et au bout de deux chansons, j’ai tout arrêté. Cependant, au cours d’une soirée, d’un dîner aux chandelles, champagne, fraise, alors les tonalités deviennent dangereusement érotiques.

8) Curtis Mayfield

Je découvre des monstres toujours après tout le monde. Mais là ça jaillit dans tous les sens, funk, soul et RnB. C’est merveilleux, glisse dans le sang, remue les globules et fait taper les pieds dans tous les sens. Un talent immense pour les oreilles.

 

9) Ayo - Down on my knees

Petite perle venant du village natale de l'écervelé Michael Schumacher, véritable métissage musicale, la très jolie Ayo, jeune chanteuse mi-allemande (héroinomane selon le JDD), mi-nigérianne (du côté du père, musicien DJ, selon le JDD),à la voix soul mêle tout le long d’un formidable album soft et admirable de mignonnes mélodies. Ce n’est sans doute pas un grand album, mais cela reste très délicieux, cru également. Un petit vin en somme.

10) Calexico - Letter to Bowie Knife

Etat perdu des Etats-Unis, totalement méconnu, coincé entre l’Arizona et le Texas, le Nouveau-Mexique possède en Calexico un groupe superbe au rock poussiéreux, aux senteurs de cactus, de tequila et mezcal, d’une richesse sonore châleureuse, avec des accents hispaniques, français et country. Si certains morceaux sont très mélancoliques, Letter donner envie pendant 3 minutes de sauter dans tous les sens.

par Nico publié dans : Classement intuitif
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Jeudi 22 juin 2006
1) Thom York - Black Swan

Quand le chanteur de Radiohead se lance en solo, est-ce la fin de Radiohead ? Non, et absolument non. L'idée de l'album "The Eraser" est un retour à un minimalisme musical, hérité de Kid A et d'Amnesia. Les loops sont mécaniques, froids. On sent là une ode à l'homme écrasé.  Du Thom York danse le rock comme un plouc.

2) Indochine - L'aventurier


J'ai vu ses yeux de biche. J'ai eu un sourire malheureux, un brin triste, sincèrement désolé. Moi, je ne savais pas. Une chanson pour un rock endiablé, mais pour un non initié, pas mauvais danseur pourtant, dont le sang se rythme des battements du coeur, le rock est un mystère. Pourtant, certain(e)s se déchainent là dessus. Moi, j'observe, avec envie. Bientôt... N'est-ce pas ?

3) The
Divine Comedy - Woman of the World

Pour moi, l'exemple même du dandy, irlandais, narcissique et hautain (ne l'est-on pas quand on vire tous son groupe et qu'on dit "The Divine Comedy, c'est moi"). Neil Hannon lâche ici, sur un album baroque, sa magnique voix de crooner enrobé d'agréables notes de sucres et de guimauves. La chanson date un peu, mais ça swingue. Et le dernier album "Victory for the comic muse" vaut largement de s'y apesantir.

4) Nouvelle vague - Ever fall in love


De vieux titres punk ou new wave dépoussiérés et mis à la sauce bossa nova, saupoudrés de voix féminines coquines, sensuelles et joueuses qui minaudent. Ce n'est plus une surprise, mais une confirmation. Nouvelle vague démontre que finalement les reprises ont du bon surtout quand il s'agit d'en faire des petites perles. (le titre mentionné est une reprise des Buzzcocks)

5) The Chemical Brothers - Hey girl, hey boy


J'avais sauté comme un fou, partout, dans la boue, un vendredi soir, à Rock en Seine II, sous les lasers verdoyants, matant au passage un écran géant sur lequel gesticulent deux squelettes flamboyants

Hey Boy, Hey girl, Superstar DJ's, Here we go !
Et alors la pluie commeça à tomber. Et tout le monde continua à danser.

6) Archive - Sane

Il me restait un tête la magnifique et un brin mysogine Fuck U, hymne incroyable à la femme quand un homme la déteste. Histoire vécue ? J'en sais rien. Mais bon, là n'est pas le sujet. Archive, bande de 3 chérubins trip hoppers, revient. Et ? Il ne faut pas se limiter à une première écoute très fastidieuse, mais couler petit à petit dans une musique jamais agressive, très soft, très cool. Jusqu'à l'endormissement.

7) Crazy frog - We are the champions

Horrible ! Foutue coupe du monde (pas de majuscule pour cet événement mineur), qui creuse des chemins royaux au massacre en tout genre (déjà à la beauté du foot, n'est-ce pas chers Français ?). Certes, cette chanson de Queen n'est pas la plus géniale du groupe. Mais là ! là ! c'est désespérant ! Tout ça pour le marketing, pour vendre. A vomir.


8) Village People - YMCA


Prenons 5 gars en prépa : affublés-les ridiculement de préférence : un ouvrier, un policier, un motard, un indien et un cowboy. Une petite chorégraphie à faire pâlir Kamel Ouali. Vous voilà parfaitement ridicules. Mais qu'est-ce que c'est drôle. Ah ! Et un samedi soir pas si loin que ça, j'ai été ridicule. Vince aussi d'ailleurs.
De gauche à droite : Colas, Jérémi,
Marco, Arno et Mimi (je ne sais pas qui le dernier)

9) Johnny Cash - Personnal Jesus

Reprise énorme d'un énorme classique de Depeche Mode par le formidable Johnny Cash (qui a repris magnifiquement Hurt de Nine Inch Nails) avec cette voix rouillée, à faire pâlir Garou, par le whiskey et la clope (voir la dope). La chanson est touchante, à force de simplicité.

10) Euros Childs - First time I saw you

De la Galles (pays du Prince Charles), sortent Euros Childs (leader des très gallois Gorky's Zygotics),  un superbe album "Chops" et une chanson formidable minimaliste, sertie d'une basse fuzz traînante, d'un piano élégant et mélancolique et d'une voix de félin diaphane. Miam !!
(pour la chanson... quoique)

par Nico publié dans : Classement intuitif
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