1) La Marseillaise
A la date à laquelle j'écris (1er juillet 2006), la France est euphorique. Chirac et Villepin gagnent 10 points de popularité, la voie vers 2007 est dorée. La France qui gagne est de retour. Oui ! La France a vaincu les virtuoses trop déroutés brésiliens. La France qui gagne, black-blanc-beur. Mais pour moi, tout cela est d'un pathétique. Ce football est obscène, dégradant, mensonger, illusoire, vénal et individualiste. Il n'empêche que je l'aime. Mais j'en vomis. La Vox Populis voue un culte immérité à des milliardaires qui trompent leurs mondes, en étant généraux. Ô Tristesse, tu me blesses.
2) Pearl Jam - World Wide Suicide
Pearl Jam c'est un bourbon de 15 ans d'âge, à déguster dans un boudoir, accompagné de Saint-Ange ou d'une Eugénie quelconque (Dolmancé fera l'affaire d'autres ou d'aucun), sous les velours de cigares dressés, qui laisse dans le palais un goût âpre et prononcé sous un parfum saturé, musclé et rocailleux, d'une mise en bouche épicée et virevoltante. Que dire de ce nouvel opus ? A consommer sans modération, comme tant de choses.
3) Royskopp - Epple
Bergen est la 2ème ville du Royaume de Norvège (4 millions d'habitants au passage, généralement blonds). Bergen est la ville la plus noyée des flots du Ciel (280 jours de pluie par an, pire que la Bretagne, et Dieu sait que cette région se noie). Bergen est un vivier culturel étonnant et foisonnant : parmi les plus connus, King of Convenience, Annie et Royskopp. Bidouilleurs électroniques, adulés pour leurs sonorités ensoleillées et pop, ce titre a par ailleurs servi d'illustration mélodique à une pub (un bisou pour celui ou celle qui me la trouve, cette pub).
4) The Beach Boys - I get around
En fait, je ne l'ai pas vraiment écouté. Mais abruti par une soirée beacboysienne, j'en suis sorti transformé : autobronzant dégoullinant de mon corps adonique, short s'arrêtant au-dessus de mes genoux, tong au pied gauche, penny loafer au pied droit sans chaussette, polo manches courtes rose à fleurs épanouies blanches, rasé, coiffé, manucuré, déconstipé, pull sur les épaules. Ah ! Dieu ! Que m'arrive-t-il ? Cette ville, ces pavés, ces bâtiments branlants, titubants, ces lieux uniques ! J'entends même une Cigale. Choppons la planche, avant que la Wave se taille en rade.
5) Dirty Pretty Things - Bang Bang You're Dead
Des Libertines, il ne reste plus rien. A la place ont jailli les Babyshambles, de l’instable Pete Doherty, icône rock au talent négligeable, mais à la valeur mercantile qui l’intronise en tant que nouveau Sid Vicious et les Dirty Pretty Things du méconnu Carl Barat. Tandis que le premier cité s’enfonce dans une mélancolie mélodieuse très folk, le second a insufflé le côté punk des Libertines, avec un rock brut, guitares cinglantes, rythme syncopé, voix braillé, qui fait sauter dans tous les coins, comme un fou. Alors, faut-il choisir entre les Babyshambles et les Dirty Pretty Things ? Mouais, si on restait sur les Libertines.
6) Grandaddy - Elevate myself
Généralement considéré comme l’équivalent US de Radiohead (à tord à mon avis), les Barbus de Sacramento (CA), bucherons sympathiques, skateboarders émérites, sont de très bons muiscos, alliant finesse mélodique touchante. Sur Elevate Myself, la basse simplifie le rythme et soutient une voix douce avec charme sur des aigues pianotés ou guitarés torturés et tortueux. S’il est possible de ne pas aimer, il faut au moins écouter.
7) Grizzly Bears - La Duchess Anne
Double album dont un cd de remix (non écouté pour l’instant) par des artistes qui me sont inconnus. Que dire ? Cette musique est dangereuse, dans la mesure où elle est très lente, très lymphatique, voire démoralisante. A la première écoute, guilleret que j’étais, je me suis finalement trouvé anéanti, miné, et au bout de deux chansons, j’ai tout arrêté. Cependant, au cours d’une soirée, d’un dîner aux chandelles, champagne, fraise, alors les tonalités deviennent dangereusement érotiques.
8) Curtis Mayfield
Je découvre des monstres toujours après tout le monde. Mais là ça jaillit dans tous les sens, funk, soul et RnB. C’est merveilleux, glisse dans le sang, remue les globules et fait taper les pieds dans tous les sens. Un talent immense pour les oreilles.
9) Ayo - Down on my knees
Petite perle venant du village natale de l'écervelé Michael Schumacher, véritable métissage musicale, la très jolie Ayo, jeune chanteuse mi-allemande (héroinomane selon le JDD), mi-nigérianne (du côté du père, musicien DJ, selon le JDD),à la voix soul mêle tout le long d’un formidable album soft et admirable de mignonnes mélodies. Ce n’est sans doute pas un grand album, mais cela reste très délicieux, cru également. Un petit vin en somme.
10) Calexico - Letter to Bowie Knife
Etat perdu des Etats-Unis, totalement méconnu, coincé entre l’Arizona et le Texas, le Nouveau-Mexique possède en Calexico un groupe superbe au rock poussiéreux, aux senteurs de cactus, de tequila et mezcal, d’une richesse sonore châleureuse, avec des accents hispaniques, français et country. Si certains morceaux sont très mélancoliques, Letter donner envie pendant 3 minutes de sauter dans tous les sens.